Je m'appelle Wakako. Je suis née et j'ai grandi à Hiroshima.
Je suis partie jeune — Édimbourg, Los Angeles, Tokyo. Des années à vivre ailleurs, à apprendre doucement ce que signifie manquer un endroit sans jamais vraiment se l'avouer.
Quand je suis revenue, j'ai respiré. Après Édimbourg, après Los Angeles, après Tokyo — retrouver Hiroshima, c'était comme retrouver une vieille amie. Pas besoin de se rattraper. Pas besoin d'expliquer. On a repris là où on s'était arrêtées. C'est ici, chez moi.
Je marche dans cette ville comme on se déplace dans un endroit qui nous appartient. Pas en visiteuse qui observe de l'extérieur, mais en quelqu'un qui en fait partie — les rivières, les ruelles, les collines où presque personne ne va.
Je ne suis pas journaliste de voyage. Je suis quelqu'un qui vit ici, qui marche ici, et qui découvre encore ce que cette ville a à offrir. J'écris pour les voyageurs qui veulent plus qu'une liste. Ceux qui acceptent de ralentir, de rester plus longtemps, et de laisser Hiroshima venir à eux.
C'est mon journal lent. Je suis heureuse que vous soyez là.