Musée mémorial de la paix d'Hiroshima

La première chose qu'on voit, après l'entrée et en montant l'escalier, c'est une salle. Les murs sont recouverts de photographies — grand format, presque à 360 degrés. On s'arrête de marcher sans l'avoir décidé.

Elles montrent Hiroshima après la bombe. Pas avant. Après. Un champ ouvert là où une ville existait.

La salle est d'habitude silencieuse. Les gens s'y taisent sans qu'on le leur demande.

Avant d'entrer

J'y reviens environ une fois par an — pas parce que je le planifie, ça arrive simplement. La dernière fois, c'était en février 2026. J'y vais souvent le week-end, ce qui veut dire qu'il y a du monde. Il y a du monde de toute façon — la plupart des visiteurs qui viennent à Hiroshima passent par là, et ils viennent de partout.

Si vous pouvez y aller le matin, faites-le. Le musée ouvre à 8h30 et la première heure est plus calme. Les groupes de touristes arrivent généralement entre 10h et midi, et quand ils sont là, les salles se remplissent. Aller tôt, c'est pouvoir s'arrêter quand on en a besoin, sans personne qui pousse derrière.

Je passe en général près de deux heures. Ça ne semble jamais tout à fait suffisant.

Si vous arrivez tôt, traversez d'abord le Parc de la Paix depuis le côté du Dôme. Laissez la matinée s'installer avant d'entrer.

Ce que vous trouverez à l'intérieur

L'exposition permanente retrace le matin du 6 août 1945. La physique est expliquée. L'étendue de la destruction est documentée. Des cartes, des photographies, des reconstitutions de la ville avant et après.

Ce n'est pas ce qui reste en moi.

Ce qui reste, ce sont les lettres. Manuscrites, en japonais. Un homme écrit son inquiétude pour la situation financière de sa famille après sa mort — pas la bombe, pas l'histoire, juste est-ce qu'ils s'en sortiront. D'autres décrivent des au revoir ordinaires — un membre de la famille accompagné le matin comme n'importe quel autre jour, sans savoir que c'était la dernière fois.

Les lire en japonais original, dans l'écriture propre à chaque personne, avec le ton qu'ils ont choisi — appliqué, précipité, tendre, effrayé — c'est autre chose.

La première fois que je suis venue ici, j'avais entre dix et douze ans.

🌿 Note de Wakako

À cette époque, il y avait une figure de cire — des personnages humains au milieu de la destruction, d'un réalisme terrifiant comme seules les impressions d'enfance peuvent l'être. Cet impact ne m'a jamais quittée. La figure a été retirée en 2017 avant la grande rénovation. Je trouve dommage qu'elle ait disparu.

Après

En sortant, on se retrouve dans le parc. Je m'assieds toujours quelque part — il y a des bancs partout dans le Parc de la Paix — et je reste un moment.

On regarde les gens. Certains sont au Cénotaphe, en prière ou simplement debout. D'autres prennent des photos. Un tramway passe de l'autre côté du fleuve. Quelqu'un pédale sur le pont. La ville continue, dans la plus grande banalité.

Il y a quelque chose dans cette banalité-là, après ce qu'on vient de voir. L'écart entre les deux est difficile à mettre en mots. Il y a en japonais un mot — (arigatai) — qui s'en approche plus que le mot « gratitude ». Littéralement, il veut dire quelque chose comme « difficile d'exister », « rare d'être ». C'est la racine de arigatou, le merci japonais.

Ce à quoi je reviens toujours : la seule chose qui me sépare des gens dans ces lettres, c'est le moment et l'endroit où je suis née. C'est tout.

Quand je suis prête à bouger, je repars dans la ville. Les tramways circulent. Il y a des restaurants, des gens, le fleuve dans la lumière de l'après-midi. Hiroshima n'est pas une ville définie par ce qu'elle a vécu — c'est une ville qui s'est reconstruite, et c'est dans cette ville-là qu'on marche. Je remarque, après le musée, que je la vois autrement.

🌿 Note de Wakako

J'y reviens environ une fois par an — pas par obligation. Ça arrive, c'est tout. Chaque fois, je sors et je m'assieds quelque part dans le parc. Ce n'est pas exactement une tristesse. C'est plus proche de .

Informations pratiques

Horaires — Tous les jours 8h30–18h00 · Jusqu'à 19h en juillet–août · Jusqu'à 20h le 6 août · Fermé du 30 décembre au 1er janvier

Entrée — Adultes ¥200 · Lycéens ¥100 · Collégiens et moins : gratuit

Accès — Tramways lignes 2 ou 6, arrêt Genbaku Dome-mae ; ou ligne 1, arrêt Fukuro-machi. Le musée se trouve à l'extrémité sud du Parc de la Paix.

Audioguide — Disponible en plusieurs langues, moyennant un supplément.

Site — hpmmuseum.jp ↗

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